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Après l'attaque de policiers dans une laverie, un homme condamné à 1 an ferme (mar., 19 nov. 2019)
GILETS JAUNES - Un homme de 38 ans a été condamné à un an de prison ferme avec mandat de dépôt ce lundi 19 novembre pour sa participation à l’agression de policiers retranchés dans une laverie parisienne, samedi lors d’une mobilisation de “gilets jaunes”, a-t-on appris mardi de sources concordantes. A l’occasion du premier anniversaire de ce mouvement de contestation sociale, deux policiers avaient été pourchassés dans le XIe arrondissement de la capitale et trouvé refuge dans une laverie. Selon les images filmées par un journaliste de l’Obs, un groupe de personnes au visage souvent dissimulé a ensuite utilisé notamment des barrières de chantier pour forcer l’entrée de l’établissement.  C’est après avoir été coursés que les deux policiers ont tenté de s’abriter dans la laverie pic.twitter.com/X60w5LgsL5 — Lucas Burel (@L_heguiaphal) November 16, 2019 Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait annoncé dimanche l’arrestation d’un suspect. Jugé en comparution immédiate, il a été condamné à un an de prison ferme et incarcéré, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de la préfecture de police. Au total, 173 interpellations avaient eu lieu samedi à Paris et une vingtaine de prévenus ont comparu lundi au tribunal de Paris. La journée de mobilisation de samedi a été émaillée de scènes de chaos dans certains quartiers de la capitale, notamment place d’Italie où une manifestation a été annulée après des violences. À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI Après les violences place d'Italie, les choix des autorités pointés du doigt Les propos du préfet de police, "pas dans le même camp" que les gilets jaunes, indignent
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Les nounous en grève contre une réforme de la CAF (Tue, 19 Nov 2019)
Les gilets roses dénonce une réforme de la CAF GRÈVE -  Pas question de se laisser “fliquer”. Les 318.000 assistants maternels sont appelés à la grève ce mardi 19 novembre pour dénoncer une réforme de la CAF, prévue dans l’article 49 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 et qui les concerne directement. Le texte oblige les “nounous” à renseigner coordonnées complètes, tarifs et disponibilité sur le site monenfant.fr et a régulièrement actualiser leur situation, au risque de perdre leur agrément. Si la réforme doit faciliter la mise en relation entre parents employeurs et assistants maternels, ces derniers y voient un “flicage”.  Dans un communiqué de presse, les Assistants Maternels en Colère - “Gilets Roses”, dénonce ” le choix d’une méthode coercitive” de la part du gouvernement qui s’inscrit dans “une approche de l’accueil de la petite enfance purement budgétaire”. Ils ajoutent: “De l’aveu même des services de la CAF, le site connait des problèmes techniques ce qui empêche certain(e)s professionnel(le)s de s’inscrire et provoque leur colère”. Interrogée sur Franceinfo, Laurence Joly, l’une des fondatrices du collectif, explique que des questions se posent notamment en terme “de protection des données”, au regard notamment des conditions de sécurité et face au démarchage. “N’oubliez pas qu’on travaille chez nous, ce qui nous rend déjà plus vulnérables”, explique-t-elle tout en craignant l’introduction d’une logique concurrentielle. “Le fait de devoir indiquer nos tarifs va induire une concurrence entre nous. Certains assistants auront peut-être envie de tirer les prix vers le bas pour obtenir plus d’heures”, déplore-t-elle.   Laurence Joly demande notamment de pouvoir utiliser des pseudos afin de se protéger et de choisir de renseigner certaines informations ou non.  Le collectif a appelé les assistants maternels à moduler leur grève, avec un service minimal, afin de ne pas trop pénaliser les parents.  À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI Un bug prive des milliers de familles d'aides de la CAF pour la garde d'enfants Les parents victimes de pensions alimentaires impayées pourront faire appel à la Caf
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Face à la précarité étudiante, Vidal promet un numéro d'appel d'ici fin 2019 (Tue, 19 Nov 2019)
ÉTUDIANTS - Pour faire face à la précarité étudiante, la ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé ce mardi  19 novembre la création d’un numéro d’appel qui favoriserait l’accès aux aides d’urgence mais a exclu de revaloriser les bourses comme le demandent les syndicats. Les aides d’urgence, des aides spécifiques personnalisées pour les étudiants en difficulté, ne sont pas toutes “consommées”, a indiqué Frédérique Vidal, interrogée sur RTL. “Il reste chaque année un peu plus de 15 millions d’euros”, a-t-elle précisé. VIDEO - #Etudiantsencolere : "Nous venons d’augmenter les bourses étudiantes. Il y a 5,7 milliards d'euros consacrés aux aides étudiantes. Un numéro d’appel sera mis en place à la fin de l’année pour mieux les renseigner", @VidalFrederique dans #RTLMatin avec @VenturaAlbapic.twitter.com/W0JuovcfSu — RTL France (@RTLFrance) November 19, 2019 Selon l’observatoire de la vie étudiante, environ 5% des étudiants, soit 125.000, sont en situation de précarité, a indiqué la ministre. Or ”à peine 50.000 demandent à bénéficier des aides d’urgence”, a-t-elle poursuivi. Afin d’aider les jeunes à connaître ces aides et y avoir accès, Frédérique Vidal a annoncé la mise en place d’un numéro d’appel, “au plus tard avant la fin de l’année”. Les jeunes devraient ainsi pouvoir “prendre un rendez-vous”, “avoir accès à une assistante sociale” plus facilement, a-t-elle précisé. La ministre a en revanche exclu une nouvelle revalorisation des bourses étudiantes. “Nous venons de les augmenter, de remettre 46 millions d’euros supplémentaires”, “5,7 milliards d’euros en tout sont consacrés aux aides étudiantes”, a-t-elle rappelé. Le gouvernement travaille aussi à inclure les jeunes dans un futur revenu universel d’activité, en remettant sur la table les barèmes et les montants des bourses, a-t-elle souligné. Concernant le logement, la ministre a rappelé “Le Plan 60.000 logements étudiants” en cours de déploiement. Elle a également promis de “faire en sorte que les résidences universitaires soient concernées par la trêve hivernale et que les étudiants ne puissent être expulsés durant l’hiver.” Les syndicats étudiants la Fage et l’Unef exigent, de leur côté, une réévaluation urgente des bourses universitaires. Le sujet de la précarité étudiante est revenue la semaine dernière sur le devant de la scène après l’immolation d’un étudiant de 22 ans à Lyon qui a provoqué des mobilisations sur les campus. “Il est toujours dans un état critique, en coma artificiel”, “son état est stabilisé mais il reste très gravement atteint”, a indiqué mardi Frédérique Vidal. À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI Le Crous de Normandie visé par un incendie volontaire à Caen Gabriel Attal botte en touche sur la "réévaluation urgente" des bourses étudiantes
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La SNCF doit continuer à supprimer des emplois, selon la Cour des comptes (Tue, 19 Nov 2019)
SNCF  TRANSPORTS - Voilà qui ne devrait pas calmer les colères avant une journée de manifestations le 5 décembre qui s’annonce particulièrement suivie. La SNCF, bientôt transformée en plusieurs sociétés anonymes, “devra dans les années à venir” continuer à supprimer des emplois “au même rythme” qu’en 2017 (-2.000 postes équivalent temps plein), estime la Cour des comptes dans un rapport publié ce lundi 18 novembre. Le groupe public ferroviaire (GPF) est “confronté à une évolution majeure” avec la réforme ferroviaire, votée en 2018: fin du recrutement sous statut de cheminot et passage en sociétés anonymes au 1er janvier, “ouverture progressive à la concurrence” du transport intérieur de voyageurs, “exigence par l’État d’une plus grande performance économique”, souligne la Cour dans son rapport. “Ces évolutions nécessitent des transformations profondes” de la politique des ressources humaines du groupe pour “permettre une meilleure productivité du travail, une plus grande maîtrise de la masse salariale et une adaptation du modèle social historique”, considère la Cour. Les effectifs du GPF ont fondu de 6.000 postes équivalent temps plein (ETP) “entre 2012 et 2017” (soit 1.200 par an en moyenne), mais “cet effort” a souffert d’une “mise en œuvre trop lente des programmes de transformations technologiques (notamment pour SNCF Réseau)”, des demandes des autorités organisatrices de transport (régions, État) pour davantage de trains et de services, ainsi que du “recours important” à l’intérim et aux heures supplémentaires, déplore la Cour. Toutes les entreprises du groupe devront réduire leurs effectifs, relève-t-elle, en notant que ces dernières années, l’effort a été “porté principalement par SNCF Mobilités” (trains et gares) et “dans une moindre mesure” par la holding de tête du groupe, tandis que les emplois progressaient chez SNCF Réseau (gestion des circulations, maintenance des voies ferrées). Alors que SNCF Réseau devait “réduire (s)es effectifs avec l’externalisation” de travaux, “le nombre de personnels dans les métiers infrastructure ne fait que croître”, épingle la Cour. Réorganiser l’activité Pour améliorer sa productivité, le groupe “devra nécessairement” renégocier l’accord d’entreprise sur l’organisation du travail, écrit-elle, en pointant “l’inadaptation des règles” à certains métiers et activités, ainsi que “le sous-emploi de certains personnels”. Le GPF devra aussi “développer la polyvalence” des agents, prône la Cour, qui critique des accords nationaux ou locaux pesant sur la productivité du travail (compte épargne temps, forfait jours, usages locaux...). En termes de rémunérations, “l’urgence” est “de revoir les règles de progression de carrière” et de “réduire l’automaticité” des hausses de salaires pour pouvoir maîtriser la masse salariale, juge la Cour. “Ce rapport est un condensé de raccourcis et d’inepties”, un “nouveau brûlot contre les salariés” de la SNCF, a réagi la CGT-Cheminots. Pour le premier syndicat du groupe ferroviaire, la “légère” hausse des effectifs de SNCF Réseau est due à la “très forte hausse des charges de travail, notamment des travaux de régénération” du réseau. L’Unsa ferroviaire a aussi protesté contre un “nouveau pamphlet à charge”, fondé “sur quelques inexactitudes, ou à tout le moins approximations”. Avec ce rapport, la Cour, “une fois de plus, contribue à alimenter un climat social très anxiogène” et “la stigmatisation des salariés”, regrette le deuxième syndicat de la SNCF. L’Unsa et la CGT-Cheminots ont toutes les deux appelé à la grève le 5 décembre prochain. À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI Trafic SNCF perturbé, 300.000 foyers privés d'électricité... La neige sème la pagaille dans le sud-est La SNCF renonce à poursuivre en justice les cheminots pour leur droit de retrait
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Emmanuel Macron est-il trop intelligent pour être un grand président? (Tue, 19 Nov 2019)
Le Président Emmanuel Macron sur le perron du palais de l'Elysée, le 12 novembre 2019. J’ai souvent dit de mon ami tellement regretté, Thierry Lévy, la plus belle langue du barreau, qu’il était trop intelligent pour être un grand avocat classique. Je me demande si la question ne mérite pas d’être posée à propos d’Emmanuel Macron même si à son sujet, d’autres interrogations moins amènes sont assez souvent formulées. Qu’on ne vienne pas, selon une habitude trop répandue chez certains, scruter à la loupe mes billets passés en aspirant à me mettre en contradiction avec tel ou tel d’entre eux sur Emmanuel Macron, alors que je n’ai jamais caché que ma subjectivité libre et ajustée à l’actualité n’était ni celle d’un essayiste ou d’un journaliste, encore moins celle d’un historien. Je me suis toujours donné le droit de changer d’avis parce que la réalité d’un homme ou d’un pays n’est pas fixe. Je tiens d’autant plus à cette explication que, en même temps que l’univers médiatique avec ses débats, les mille échanges de la vie quotidienne, l’humus des entretiens familiers, des perceptions de chacun, avec une banalité qui, dominante parce que souvent exprimée, est très signifiante, enseignent beaucoup au citoyen qui aime s’abreuver à toutes les sources. Aussi, alors qu’il m’arrive de devoir défendre le président de la République fustigé parfois d’une manière que j’estime injuste, je suis confronté à des analyses émanant de gens de bonne foi, non gangrenés par une hostilité systématique, qui ne laissent pas de m’inquiéter parce qu’au fond elles me semblent plausibles. Je me sens relativement à l’aise pour soutenir que le président n’a pas été élu seulement par les forces d’argent, le capitalisme bancaire et la France d’en haut, ce qui ferait de lui un responsable assujetti et dépendant, pour sa politique, d’injonctions qui ne seraient pas inspirées que par l’intérêt général. En revanche, un reproche récurrent lui est fait et demeure contre vents, marées, prise de conscience et contrition. Il trouble parce que même l’esprit le plus objectif à son égard l’a parfois appréhendé telle une menace alors que pour beaucoup d’autres il est une certitude. Emmanuel Macron serait trop jeune, trop intellectuel, il ne connaîtrait la France que théoriquement, il manquerait de véritable humanité, il ne serait pas connecté avec le peuple, la politique serait une question de cours et non pas une épreuve de vérité, d’écoute, de volonté et de respect ! (Sud Radio). C’est évidemment charger la barque mais il reste que cette opinion est trop partagée pour être méprisée, d’autant plus qu’elle accepte de créditer Emmanuel Macron de vertus hors du commun mais sont-ce les bonnes pour présider? L’épaisseur lui manque-t-elle, et cette aptitude à communiquer aux citoyens que, au-delà des oppositions politiques, ils ont affaire à la personnalité qui convenait en cette période et dans ce pays de plus en plus déchiré, à vif? Sa juvénilité est-elle un handicap, le démontrant incapable de maîtriser l’ancien monde, puisque le nouveau a relevé d’une promesse vaine, faisant seulement se télescoper son âge et cette espérance? À peine ces interrogations formulées, il est facile de percevoir comme elles pourraient trouver une réponse amère. J’ai moi-même constaté chez notre président, après le ravissement d’avoir été ce candidat fulgurant et dont on attendait tout, un mélange d’extrême intelligence et de profonde naïveté, une étonnante propension à n’être jamais dans le tempo juste -par exemple pour les Gilets jaunes, qu’il comprend trop tard- et dans l’expression d’un pouvoir qui saurait concéder ce que l’instant exige. Il est assez généralement à contretemps dans ses réactions comme s’il ne voulait jamais céder au réel tout de suite mais plus tard, trop tard. C’est vrai dans le grave comme dans le futile. Il n’a pas une piètre opinion de lui-même mais prend-il la France au sérieux, les menaces qui l’affectent, d’où qu’elles viennent, au tragique, n’a-t-il pas l’impression que le royaume des idées est tout et le discours la meilleure manière d’emporter l’adhésion? alors que le verbe ne doit être que l’antichambre de l’action... Revenant vers des séquences qui à l’évidence l’ont comblé autant qu’elles ont impressionné, j’infléchis mon jugement. Le Grand Débat national n’a-t-il pas été une succession d’exercices de style, une série de morceaux de bravoure, plus qu’une authentique volonté de convaincre, de sortir du champ partisan pour écouter ceux que la démocratie n’entend pas ou trop peu? À prendre connaissance de ce que ses proches, son entourage, laissent filtrer sur lui, on n’est pas étonné par l’obsession de 2022 qui l’habiterait -“il ne pense qu’à ça, selon l’un d’eux- mais inquiet quand paraît-il, il aspire à des “idées disruptives, à être iconoclaste”. Quand on ne rêve que de présider à nouveau la France, on ne s’embarrasse pas de pulsions de gamin désireux de se faire remarquer, d’envies d’agiter et de troubler quand à l’évidence ces foucades intellectuelles ne plaisent qu’à celui qui les cultive et nullement à un peuple qui a besoin de tout autre chose. Peut-être est-ce en effet la clé de cette personnalité, tombant parfois dans une gravité surjouée, que “de n’être pas heureuse dans cette drôle de vie” mais de “continuer à plaisanter... à être un gros déconneur... et à balancer des vannes à ses conseillers...”. Une anecdote est significative: alors qu’il recevait des députés LREM et que chacun se bousculait pour attirer son attention, il aurait lancé à la cantonade: “Oh, les amis, vous n’êtes pas des Gilets jaunes”. Et tous bien sûr de s’esclaffer (Le Parisien). Si c’est vrai, c’est drôle mais pathétique. Parce que derrière cette dérision il y a toute l’explication d’une relation ratée, d’un malentendu entre une assurance régalienne et une quotidienneté modeste. Entre le président et beaucoup de ses concitoyens. Puisque, malgré des efforts certains et des résultats substantiels, Emmanuel Macron n’est jamais vraiment crédité sur le plan politique mais que au contraire la France est dans un état à nul autre pareil, éclaté, explosé, furieux et partout vindicatif, il faut bien admettre que le président n’arrive pas à persuader qu’il préside: ne fait-on pas confiance à l’homme parce qu’il y aurait encore trop du collégien, du jeune homme en lui? Trop intelligent, trop léger pour présider les pieds sur le sol et la tête dans la France authentique? Cette tribune a été initialement publiée sur le blog de Philippe Bilger.   À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI BLOG - À mi-mandat, l'écart se creuse entre Macron candidat et Macron Président BLOG - Il n'y a plus de héros, rien que des gilets jaunes
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Les maires sont-ils sensibles à l'opération séduction de Macron? (Tue, 19 Nov 2019)
Emmanuel Macron à Paris lors du Forum sur la paix le 12 novembre POLITIQUE - En finir avec les sifflets et les rendez-vous manqués. C’est avec l’intention de se réconcilier avec les élus “préférés des Français” qu’Emmanuel Macron se rend ce mardi 19 novembre au Congrès des maires de France, réunion primordiale dans la perspective des élections municipales qui auront lieu dans quatre mois. L’occasion pour le président de rappeler son attachement aux édiles.  Car depuis la crise des gilets jaunes, qui avait renforcé le procès en déconnexion instruit à son encontre depuis le début du quinquennat, le chef de l’État a changé son attitude vis-à-vis des maires, estimés désormais comme des relais essentiels pour soigner la fracture territoriale qui mine le pays. Mais pas d’amour sans preuve d’amour. Alors cette semaine, l’Assemblée nationale se penche aussi sur la loi Engagement et Proximité, censée apporter des réponses concrètes aux attentes formulées par les élus lors du grand débat.  La semaine passée, en marge d’un déplacement commémoratif, le président de la République a assisté à une séance du conseil municipal à Épernay. Le lendemain, Édouard Philippe dévoilait la carte où seront déployées les 460 premières maisons France Services, ce réseau de structures polyvalentes qui rassembleront en leur sein plusieurs services publics. Un dispositif conçu pour répondre à la désertification des services publics, dénoncée de longue date par de nombreux élus ruraux. Alors, Emmanuel Macron a-t-il réussi à changer son image auprès des édiles? De l’avis de plusieurs élus interrogés par Le HuffPost, il y a du mieux, mais il reste encore du chemin à parcourir pour conquérir le cœur des territoires.    “Retard à l’allumage”  Ce revirement vis-à-vis des maires, Stéphane Le Foll, ex-ministre sous François Hollande et actuel maire du Mans, l’explique par une “prise de conscience liée aux gilets jaunes”. L’ancien porte-parole du gouvernement estime que c’est à ce moment que “Macron a compris que les maires sont ceux qui connaissent le mieux la réalité du territoire et qu’il fallait mieux les considérer”. Même son de cloche pour Flavien Neuvy, maire de Cébazat dans le Puy-de-Dôme. “Cette crise a montré que les municipalités sont importantes et que leurs élus sont les plus proches des préoccupations des citoyens”, abonde ce membre du bureau politique de l’UDI. Élu maire de Juvisy à l’âge de 22 ans, Robin Reda, désormais député Libres!, pointe toutefois le “sérieux retard à l’allumage” de l’exécutif. Celui qui est toujours conseiller municipal de cette commune de l’Essonne estime en effet que le chef de l’État ne pouvait ignorer la situation au début de son mandat, marqué notamment par la réforme des emplois aidés. “Il y avait dès 2017 plusieurs alertes, après des années de disettes budgétaires, de baisses des services publics, sur les questions de logements, d’emploi, etc.”, énumère l’élu, qui regrette que l’exécutif n’ait pas compris plus tôt que “la re-centralisation des compétences laissait penser aux maires qu’on ne leur faisait plus confiance”. Un sentiment d’abandon amplifié par une hausse de responsabilités. “Quand l’État se désengage (en fermant un hôpital ou une poste), c’est à la commune de compenser. Mais avec moins de moyens et une marge de manœuvre qui s’est réduite”, résume encore Robin Reda. “Entre 2014 et 2018, ma commune est passée de 750.000 euros de dotations à 90.000”, illustre de son côté Flavien Neuvy, rappelant que ces baisses ont été décidées sous François Hollande, époque à laquelle l’actuel président était secrétaire général adjoint de l’Élysée puis ministre de l’Économie. Principe de vigilance Dans ce contexte, les maires attendent de voir avant de se satisfaire du changement de ton de l’exécutif. “C’est tant mieux cette nouvelle considération, mais il reste des questions de fond à régler”, prévient Stéphane Le Foll, citant notamment la compensation liée à la suppression de la taxe d’habitation “qui est source de nombreuses incertitudes”. Un principe de vigilance sur ce point précis partagé par Robin Reda: “il y a un réel flou autour de cette compensation financée par ce ‘coefficient correcteur de la taxe foncière’. Cette année, elle est remboursée par l’État, mais pour les années suivantes, on ne sait pas trop ce qu’il en sera et comment ces mécanismes complexes de compensation (impliquant les départements, les collectivités et une part de la TVA) fonctionneront”. Quid des maisons France services censées maintenir les services publics dans les zones rurales? ”Ça apporte un petit plus. Mais ça ne répond pas aux questions qui sont posées dans ces territoires”, tranche le maire du Mans, citant les différents éléments de la “grogne sociale exprimée par les gilets jaunes”, comme la précarité énergétique -“71% des Français sont prêts à renoncer au chauffage”- ou la santé. Sur la loi Engagement et Proximité discutée en ce moment au Palais Bourbon, la perplexité demeure. “Globalement l’orientation est bonne, mais elle ne répond au fond du problème”, déplore Robin Reda, citant parmi les points positifs du texte “l’institutionnalisation de la place du maire au sein des intercommunalités” ou “l’amélioration de la formation des élus” au cours de leurs mandats. “Mais la loi ne va passer assez loin sur les moyens, le pouvoir de police et sur le statut du maire”, déplore le député.  Flavien Neuvy partage aussi l’analyse. “Il faut mettre fin au sentiment d’impunité. Apporter une réponse pénale plus ferme sur les menaces de mort reçues par les maires. Je plaide aussi pour une carte d’identité officielle, faisant figurer la mention ‘officier de police judiciaire’. Revaloriser le statut via les indemnités c’est bien, mais il faut surtout que la figure du maire soit respectée”, détaille l’élu centriste, qui a lui-même fait l’objet de menaces de mort. “Issu de la haute administration et n’ayant jamais été élu local, Macron pense que la centralisation règle tous les problèmes. Pourtant, quand des gens sont en difficulté, c’est vers le maire qu’ils se tournent, pas vers le préfet!”, grince Robin Reda. Ce mardi, Emmanuel Macron aura 30 minutes de discours pour casser cette image.   À voir également sur Le HuffPost: Contre le harcèlement scolaire, Macron s’adresse aux élèves “complices”  LIRE AUSSI Pourquoi le mouvement des gilets jaunes a-t-il démarré à ce moment-là, il y a 1 an? Baroin ouvre le congrès des maires en vue des municipales... et de 2022?
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Après les violences de l'anniversaire des gilets jaunes, Macron condamne les silences "complices" (Tue, 19 Nov 2019)
Après les violences de l'anniversaire des gilets jaunes, Macron condamne les silences POLITIQUE - Emmanuel Macron a condamné dans la soirée de ce lundi 18 novembre “le nihilisme de la violence” de ceux qui selon lui “ont perverti” le mouvement des gilets jaunes, ainsi que “les voix qui se taisent et deviennent complices”, après les violences de samedi lors du premier anniversaire du mouvement. “Lorsque la haine s’abat et qu’au nom d’idéaux la destruction se joue dans la rue, trop de voix se taisent et deviennent alors complices, trop de voix laissent confondre des idéaux avec le nihilisme de la violence”, a-t-il dit, sans plus de précision, lors d’une remise de décorations à l’ex-dirigeant communiste Robert Hue. Il a en revanche loué la “fraternité sur les ronds-points” au début du mouvement, en décorant cette fois le président de l’Association des maires ruraux de France, Vanik Berbérian. Évoquant “la colère drapée dans le jaune de la détresse”, il a salué un ami qui a su percevoir “l’aspiration française de nos concitoyens à la communauté” dans “ce mouvement spontané”. “Au-delà des revendications où nous devons apporter des réponses, les Français en sortant de chez eux, en se réunissant sur les ronds-points, ont retrouvé en bien des endroits la chaleur des liens, la fraternité, l’entraide”. Même si “d’aucuns ont perverti cela et recherchent l’anomie, la violence”, a dit le chef de l’État à Vanik Berbérian. Dimanche, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait déploré que le mouvement des gilets jaunes soit depuis plusieurs mois “gangrené par des ultras” de l’extrême gauche. Le numéro 2 de la France Insoumise Adrien Quatennens a lui déploré “un désordre sinon organisé, au moins maintenu” par le gouvernement qui a conduit, selon lui, aux violences samedi à Paris.   J'ai l'impression qu'avec sa stratégie très particulière de maintien de l'ordre le gouvernement cherche à exacerber les tensions. Ce n'est pas acceptable. S'il veut croiser le fer, qu'il le fasse sur le fond, qu'il essaie de convaincre plutôt que de réprimer. #ConfPresseFI — Adrien Quatennens (@AQuatennens) November 18, 2019   Le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella, a lui dénoncé un gouvernement qui “laisse les milices d’extrême gauche pourrir le mouvement des gilets jaunes”, réclamant leur “dissolution”. Quatre élus locaux décorés avant le Congrès des maires Avant d’ouvrir mardi le Congrès des maires de France, Emmanuel Macron décorait lundi soir quatre hommes politiques de tous bords qui l’ont soutenu, avec pour point commun leur mandat de maire allant de 19 à 32 ans: le communiste Robert Hue, les centristes Jean Arthuis et Vanik Berberian et l’ex-socialiste Dominique Baert. C’est à Robert Hue qu’il a réservé son plus vibrant hommage, évoquant avec transport un communisme français bercé par Jean Ferrat et Aragon sans céder au “mirage soviétique”. “Nous manquons de dirigeants comme vous aujourd’hui”, lui a-t-il lancé, le félicitant d’avoir “mené toute les luttes en ayant chevillé au corps ce qu’implique la République, la lutte contre la haine, le refus de la violence”. “Vous vous êtes rendu compte plus tôt que la plupart d’entre nous que le manège des partis (...) tournait à vide”. “En 2014, dans votre livre, vous disiez “les partis vont mourir et ils ne le savent pas””, a relevé le chef de l’État. En 2002, vous avez vu ceux qui dans “l’électorat populaire se détournaient du communisme pour donner leur voix au Front national, apporter leur suffrage à un candidat d’extrême droite négationniste, et vous l’avez dénoncé”, a-t-il dit. “Cela a renouvelé votre détermination (...) de dépasser les clivages pour faire front à mes côtés lors de la campagne de 2017”, a-t-il ajouté. Il a également remercié Jean Arthuis, ex-sénateur et ex-député européen, qui a été l’un des premiers hommes politiques français à le soutenir, affirmant devoir beaucoup à sa “capacité de prendre des risques”. Pour la petite histoire, Jean Arthuis avait invité à la réception le compositeur-chanteur Laurent Voulzy dont il a été... le comptable. À voir également sur Le HuffPost: lire aussi: Les différences entre gilets jaunes des ronds-points, des manifs et de Facebook, selon deux études La dégradation du monument du Maréchal Juin lors de l'acte 53 indigne
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Après l'anniv des gilets jaunes, l'IGPN saisie pour une blessure à l’œil (Mon, 18 Nov 2019)
JUSTICE - Le préfet de police va saisir l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après la diffusion d’une vidéo montrant un manifestant touché à l’œil samedi 16 novembre lors des manifestations de gilets jaunes à Paris, par un projectile qui semble être une grenade lacrymogène, a-t-on appris auprès de la préfecture. Sur cette vidéo diffusée ce lundi 18 sur les réseaux sociaux et vue plusieurs centaines de milliers de fois, on voit cet homme place d’Italie pendant la manifestation. Alors que la situation est très tendue aux alentours, il discute à l’écart du chaos avec d’autres manifestants, à proximité du centre commercial Italie 2. Soudainement, un projectile vient heurter violemment son œil gauche. Sur place, des manifestants et des “street medics” le mettent aussitôt à l’abri alors qu’il se tient l’œil, comme vous pouvez le voir sur les images ci-dessous. (Attention, les images peuvent choquer) Osez me dire que ce tir de LBD est une réponse légitime et proportionnée. Osez ! Paris. 16 novembre 2019. France, ex pays de liberté.#GiletsJaunes#ViolencesPolicieres@davdufpic.twitter.com/aCzAURN9pA — Julie Garnier (@JulieGarnierFI) November 18, 2019 Interrogée par l’AFP, la préfecture de police a annoncé que le préfet de police allait saisir l’IGPN ”à la demande du ministre de l’Intérieur”. De son côté, le parquet de Paris a ouvert une enquête judiciaire pour “violence par personne dépositaire de l’autorité publique avec armes ayant entraîné une interruption temporaire de travail de plus de huit jours” et confié les investigations à l’IGPN. 2500 gilets jaunes blessés, 24 éborgnés Joint lundi par téléphone à l’hopital Huriez de Lille où il s’apprêtait à être opéré, Manuel T. a fait part à l’AFP de son intention de porter plainte “dans les prochains jours”. Ce Valenciennois de 41 ans, intérimaire dans l’industrie automobile, avait du mal à s’exprimer ”à cause de sa blessure”. Présente à ses côtés à l’hôpital, une gilet jaune de 55 ans avec qu’il s’était rendu à Paris en bus samedi a expliqué à l’AFP qu’il “n’avait rien vu venir” avant l’impact. Ce dernier a eu lieu “entre 14h et 14h30″, affirme-t-elle. “Dans ses souvenirs, il n’y a aucune charge, aucune violence. Il était persuadé de ne courir aucun danger”, a-t-elle expliqué. À ce stade, la perte définitive de son œil gauche n’était pas encore confirmée médicalement, selon elle. Les manifestations de samedi, marquant le premier anniversaire des “gilets jaunes”, ont été émaillées de scènes de chaos dans certains quartiers de la capitale. En un an, quelque 2500 blessés ont été recensés parmi les manifestants et environ 1800 dans les rangs des forces de l’ordre. Selon le décompte du journaliste indépendant David Dufresne, 24 personnes ont été éborgnées depuis le début de ce mouvement inédit de contestation sociale. À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI: Les chiffres faramineux du mouvement historique des gilets jaunes Deux policiers vont être jugés pour "violences volontaires" contre des gilets jaunes
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À Rouen, Lubrizol veut partiellement rouvrir avant la fin de l'année (Mon, 18 Nov 2019)
Lubrizol veut partiellement rouvrir avant la fin de l'année (photo de l'usine prise le 26 septembre 2019 lors de l'incendie) ROUEN - La société Lubrizol a souhaité ce lundi 18 novembre un redémarrage partiel de son usine chimique de Rouen avant la fin de l’année, alors que des odeurs “très incommodantes” selon l’Etat persistent dans la ville normande, un peu moins de deux mois après l’incendie du site. Lubrizol est “aujourd’hui en mesure de présenter un dossier de demande de reprise partielle de l’activité, progressivement et en sécurité”, a déclaré la directrice générale de Lubrizol France, Isabelle Striga, lors d’un comité pour la transparence sur l’accident du 26 septembre. “Nous souhaitons” une reprise partielle avant la fin de l’année, a-t-elle précisé, interrogée par l’AFP. “Notre demande concerne nos activités simples de mélange, activités qui n’ont jamais posé de problème de sécurité et qui sont sans aucune réaction chimique”, a-t-elle ajouté lors de la réunion. Une réouverture partielle?  Lubrizol, qui emploie 370 personnes à Rouen, a “d’ores et déjà tiré les premières leçons” de l’accident, a-t-elle assuré. “Nous avons décidé de ne pas reconstruire la zone incendiée. Tous nos produits finis seront stockés chez un prestataire spécialisé”, a notamment argumenté la DG France de l’entreprise qui appartient au milliardaire américain Warren Buffet. Le préfet de Normandie Pierre-André Durand a “pris acte” de cette “intervention”. “Je comprends que vous demandez sur deux petites unités” une reprise des activités de “mélange, qui ne présentent pas de difficultés particulières”. “Je prends acte” que “vous ne reprendrez pas la conservation de stocks sur place qui a été un élément si pénalisant” lors de l’incendie, a-t-il ajouté.  Mais “je ne pourrai prendre position qu’au vu” d’une procédure incluant le dépôt d’un dossier “complet”, son instruction par l’État puis son examen par le conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst), a-t-il souligné. “Le temps d’instruction est relativement rapide”, a-t-il précisé. Parmi les préalables, Lubrizol doit répondre à la mise en demeure du préfet du 8 novembre afin que soit mis en conformité son plan anti-incendie d’ici au 8 janvier. Jacky Bonnemains, de l’association Robin des bois, a de son côté relevé “des zones d’ombre” dans cette demande de réouverture partielle de l’usine Seveso seuil haut, qui stocke aussi des “matières premières dangereuses comme le pentasulfure de phosphore”. “Et qui va être choisi pour stocker les fûts de produits finis et où?”, a-t-il demandé. Délégué CFDT du site, Jean-Paul Cholant a “attiré l’attention de la direction” d’une usine qui “jusqu’en juillet 2016″ n’avait pas de représentants syndicaux, sur “la place des représentants des salariés, les plus à même pour veiller à la sécurité des installations”. Les odeurs persistent L’annonce de Lubrizol intervient alors que persistaient ce lundi à Rouen des odeurs émanant des deux sites touchés par l’incendie et toujours en cours de nettoyage, Lubrizol et son voisin Normandie logistique, a constaté une journaliste de l’AFP. Le comité a été marqué par l’irruption d’un homme qui a jeté un œuf pourri parmi les participants à cette réunion non publique. Selon la maire PS de Petit Quevilly, commune limitrophe de Lubrizol, Charlotte Goujeon, et la directrice de l’association de mesure de la qualité de l’air Atmo, ces odeurs continuent à entraîner des nausées et des maux de tête. Selon l’Etat, les brumisateurs destinés à atténuer ces “odeurs très incommodantes” vont être renforcés. Que choisir, France nature environnement et la maire adjointe de Rouen Françoise Lesconnec ont par ailleurs déploré que la préfecture ait refusé la participation au comité du représentant choisi par la CGT Gérald Le Corre. “Tous les syndicats à commencer par la CGT ont leur place. Il y a en revanche une personne avec laquelle nous ne sommes pas en dialogue qui est régulièrement sur la tonalité de la vindicte, parfois de l’appel à la violence dans certaines situations, quand ce n’est pas la diffusion de nouvelles inexactes. Tout autre représentant est le bienvenu”, a répondu le préfet. À voir également sur Le HuffPost: 
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À Hong Kong, des chaînes humaines pour approvisionner les manifestants (Mon, 18 Nov 2019)
ASIE - Sur plusieurs centaines de mètres, des chaînes humaines se sont formées, menant à l’Université Polytechnique (PolyU) de Hong Kong. Les manifestants se sont organisés pour approvisionner les contestataires en première ligne de parapluies (pour se protéger) et de vivres, comme vous pouvez le voir dans lavidéo en tête d’article. Lundi 18 novembre au soir, ces manifestants sont finalement parvenus à s’enfuir, après une nouvelle menace d’intervention de Pékin pour régler la crise politique à Hong Kong. Retranchés dans l’Université polytechnique (PolyU), actuel bastion de la contestation, ces protestataires sont descendus en rappel d’une passerelle, puis ont été récupérés sur une route en contrebas par des personnes à moto. Cette fuite spectaculaire intervient alors que la police menace désormais d’utiliser des “balles réelles” face aux “armes létales” des manifestants radicaux - qui ont jeté briques et cocktails Molotov contre les forces de l’ordre. Il était impossible de savoir dans l’immédiat combien de protestataires restaient sur le campus. La mobilisation en cours dans l’ex-colonie britannique depuis plus de cinq mois a basculé la semaine dernière dans une phase beaucoup plus radicale et violente, qui a entraîné notamment la fermeture des écoles. À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI: Joker, parapluies... les gilets jaunes s'inspirent des révoltes mondiales À Hong Kong, l'interdiction du masque jugée anticonstitutionnelle
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Il n'y a plus de héros, rien que des gilets jaunes (Mon, 18 Nov 2019)
Endommagée lors de la manifestation des gilets jaunes, la stèle du monument hommage au Maréchal Juin, héros de la Seconde Guerre Mondiale, Place d'Italie à Paris, le 18 novembre 2019. Il y a un an naissait le mouvement des Gilets Jaunes. Au départ axé autour de la contestation fiscale, ce mouvement a rapidement dépassé la simple révolte visant à la remise en cause de l’impôt et de son utilisation. À travers lui s’est exprimée une crise de société beaucoup plus profonde, ici symbolisée par une partie de la population qui, ne se reconnaissant pas dans les choix politiques démocratiquement arrêtés, en conteste la légitimité. À travers ce mouvement, c’est l’individualisme d’une société moderne dans laquelle le collectif et l’intérêt général n’ont plus de place qui s’exprime. Chacun projette son “je”, ses aspirations personnelles et ses problématiques spécifiques comme l’unique attente du moment. Chacun estime que son cas a vocation à devenir grande cause nationale du moment et qu’un gouvernement, quelles que soient ses opinions politiques, qui n’agirait pas selon ce commandement se fourvoie et se condamne à l’illégitimité. Les réseaux sociaux, les chaînes d’information en continue, cinquante ans d’individualisme théorisé par Mai 68 accentuent évidemment ce phénomène. Notre système politique est malade parce que le peuple, ce fameux “démos” nécessaire à toute démocratie, vécu comme vecteur d’une unité et d’un collectif partagé, nous fait défaut. Notre système politique est malade parce que chacun, et pas seulement parmi les Gilets Jaunes, croit que le fait que tous aient droit à une voix, et que la voix de chacun vaille la même chose revient à penser que tous ont une opinion et que chaque opinion se vaut. Ce phénomène qui a été le véritable moteur des Gilets Jaunes en a aussi été la limite. Car le succès du mouvement tient d’abord au faux collectif qu’il a su créer: un signe de ralliement, des sites de convivialité, une camaraderie de circonstances, un événementiel festif et hebdomadaire… l’individu moderne, isolé et amateur d’animation ne pouvait qu’être séduit. Mais, si la mobilisation, importante et durable, n’a jamais donné corps à un mouvement que l’on pourrait qualifier de révolutionnaire c’est que malgré son ampleur, malgré la crise qu’il révèle, malgré ses velléités insurrectionnelles parfois, celui-ci n’a jamais été capable de porter un projet, une espérance commune car il est l’expression de revendications individuelles confuses, disparates, paradoxales parfois. La meilleure preuve de ce phénomène est que la seule proposition concrète à peu près clairement partagée et identifiée porte sur l’établissement d’un Référendum d’Initiative Citoyenne (le fameux RIC): chacun veut que la parole lui soit “rendue”, tous aspirent à parler, mais aucun ne se retrouve quant au sujet du débat et à sa conclusion. Rien n’exprime mieux cette dynamique et cette crise que les déclenchements de violences, paroxysme attendu et médiatisé de toute manifestation gilets jaunes. D’abord parce que, de façon évidente et générale, qui dit déclenchement de violence dit immédiatement refus des règles collectives imposées. Lorsque l’on s’en prend aux Forces de l’Ordre, lorsqu’on les provoque ou les agresse, c’est l’idée même que l’État, la puissance publique et le Gouvernement ne sont pas légitimes à nous imposer des limites que l’on exprime. Or c’est exactement le raisonnement qui a été tenu, depuis le début, par l’ensemble des soutiens de ce mouvement: malgré les magasins incendiés, les infrastructures publiques détruites, malgré les appels à l’insurrection et les provocations physiques réitérées, le droit de manifester et de s’exprimer de quelques-uns devaient sans cesse triompher sur les règles collectives de la société. Plus symbolique encore, mais l’essentiel dans de tels événements réside dans les symboles, dans ce qu’ils disent et dans ce qu’ils veulent faire taire, il y a un an, déjà, à l’occasion des premières violences, le mouvement s’en était pris à l’Arc de Triomphe, symbole des gloires militaires de la France, mémoire de nos héros. À l’occasion du premier anniversaire, c’est cette fois contre la stèle du Maréchal Juin, le vainqueur du Garigliano, l’homme de Monte Cassino, le héros de nos campagnes d’Italie du XXe siècle, que se sont dirigées la violence et la colère du mouvement. Hasard? Sûrement pas. Rappelons-nous de Georges Bernanos dans “Les Grands cimetières sous la lune”: “l’idée de grandeur n’a jamais rassuré la conscience des imbéciles”. Dans une société qui vit son unité, animée par des espérances communes, la grandeur existe par le héros qui en est l’incarnation dans l’Histoire. Mais que feraient encore les héros à l’âge de l’égalitarisme militant, de l’individualisme triomphant et du consumérisme frustré élevé en mode de vie, si ce n’est rappeler aux individus désespérés une certaine conception des choses qu’ils voudraient oublier?   À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI Les propos du préfet de police, "pas dans le même camp" que les gilets jaunes, indignent Les gilets jaunes envahissent les Galeries Lafayette en chansons à Paris
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Esther Benbassa fait honneur à la République (Mon, 18 Nov 2019)
La sénatrice EELV de Paris Esther Benbassa manifeste devant le palais de justice de Paris en soutien aux militants écologistes jugés pour avoir décroché des portraits d'Emmanuel Macron dans des mairies parisiennes, lui reprochant par ce geste son inaction en faveur du climat, le 11 septembre 2019. “Youpine!”, “métèque!”, “la trinationale dehors!”… Réseaux sociaux, courriels, lettres. Esther Benbassa croyait peut-être avoir déjà tout vu en termes d’injures, de menaces, menaces de mort comprises. Elle se trompait. Désormais les insultes sont d’une autre nature. “Antisémite!”, “négationniste!”, “islamocollabo!”…  Elle est assurément loin d’être la seule, en cette circonstance, à subir des attaques indignes. Mais il est clair que certains ont décidé de lui faire payer au prix fort sa participation à la marche contre l’islamophobie, le 10 novembre dernier. Dans une formule d’une rare violence, Sabine Prokhoris vient même, sur le monde.fr, de la comparer à ces Français qui, hier, n’ont “rien vu” quand on a déporté leurs voisins juifs.  Sa faute? Avoir twitté une photographie prise sur le parcours de cette marche, où on la voit au milieu d’un petit groupe de manifestants brandissant fièrement des drapeaux tricolores.  Son crime? N’avoir pas remarqué, sur le moment, sur les vestes de ces personnes, et sur celle de la fillette qui les accompagnait, un autocollant associant une étoile à cinq branches, un croissant de lune et le mot “Muslim”, le tout en jaune sur fond blanc.  Son péché mortel? Avoir refusé de considérer a priori cette possible appropriation musulmane du symbole de l’étoile jaune comme un sacrilège. Comme la captation indigne d’une mémoire de souffrance.   La focalisation sur ce badge et sur l’envoi de cette photo est d’abord l’effet visible d’une convergence d’intérêts politiques divers autour de cette manifestation. Elle sert de leurre, elle fait diversion.   Esther Benbassa ne nie pas que la simple existence de ce badge ait pu blesser des gens. Ni que l’on puisse y voir une maladresse. Reste que la focalisation sur ce badge et sur l’envoi de cette photo est d’abord l’effet visible d’une convergence d’intérêts politiques divers autour de cette manifestation. Elle sert de leurre, elle fait diversion. En détournant l’attention de la crise sociale qui secoue notre pays. Et en empêchant toute réflexion un tant soit peu équilibrée sur la réalité du racisme anti-musulman. Esther Benbassa sait parfaitement que le port imposé de l’étoile jaune ne fut que l’une des dernières étapes d’un mouvement long et continu de stigmatisation des Juifs depuis le XIXe siècle. Elle n’a jamais assimilé la condition des musulmans dans la France d’aujourd’hui à celle des Juifs pendant la Shoah. Et pour cause. Elle est historienne. Elle a pour métier de distinguer, autant que de comparer.  Ses accusateurs d’aujourd’hui font mine d’ignorer qu’elle est l’auteure d’un essai déjà ancien, datant de 2004, couvrant une période longue (depuis la Révolution), La République face à ses minorités. Les Juifs hier, les musulmans aujourd’hui, et d’une étude importante parue en 2007, La Souffrance comme identité. Sur la concurrence mémorielle, ses causes et ses dérives, sur les difficultés de la France à vivre sereinement sa diversité, Esther Benbassa a écrit des pages qui suffisent à réduire à néant les accusations aujourd’hui portées contre elle.    Esther Benbassa n’a jamais assimilé la condition des musulmans dans la France d’aujourd’hui à celle des Juifs pendant la Shoah. Et pour cause. Elle est historienne. Ses accusateurs font mine d’ignorer qu’elle est l’auteure d'un essai datant de 2004: "La République face à ses minorités. Les Juifs hier, les musulmans aujourd’hui".   Ces accusations sont ineptes. Et scandaleuses. Elles font comme si Esther Benbassa n’avait pas de passé. Née juive dans un pays musulman, la Turquie, ayant vécu les premières années de sa jeunesse en Israël, elle est arrivée en France au début des années 1970. Pendant quinze ans, elle a enseigné en lycée et en collège en Normandie puis en banlieue parisienne dans ce qu’on appelle parfois avec une pointe de mépris “nos quartiers populaires”.  Elle est entrée au CNRS comme directrice de recherche en 1989, et en 2000, elle a été élue sur la chaire d’histoire du judaïsme moderne de l’École pratique des hautes études (Sorbonne). Ses champs de recherche sont connus: histoire des Juifs en terre d’Islam, du sionisme, du judaïsme français, histoire comparée des minorités. Elle a écrit et dirigé une trentaine d’ouvrages sur ces sujets, lui ayant valu une reconnaissance internationale.  Que reproche-t-on, en fait, à Esther Benbassa? Ses engagements. Comme intellectuelle publique, d’abord, comme militante associative ensuite, comme politique enfin. Forte de son expertise, libre de toute attache communautaire, hermétique à toute forme de radicalité idéologique, et gardant en toute circonstance une franchise et une clarté sans faille, lauréate 2006 du prix Seligmann contre le racisme, Esther Benbassa se bat depuis des décennies contre l’antisémitisme et tous les racismes, islamophobie comprise, contre toutes les formes de discrimination, pour le respect des droits des minorités. Pour une solution juste du conflit israélo-palestinien et pour retisser les liens d’un dialogue judéo-musulman.  Depuis son entrée tardive en politique, en 2011, Esther Benbassa est sur tous les fronts. Mariage pour tous, PMA pour toutes, LGBT-phobies, violences faites aux femmes, personnes prostituées, monde carcéral, migrants, violences policières, abandon des Kurdes du Rojava, justice environnementale et justice sociale. Elle agit avec la même détermination au Sénat, et sur le terrain. Auprès des cheminots, des infirmières, des étudiants. Des Gilets jaunes, aussi, qu’elle a invités au Palais du Luxembourg dès le début du mois de décembre 2018, et qu’elle n’a jamais lâchés depuis.    Que reproche-t-on, en fait, à Esther Benbassa? Ses engagements. Elle n’a pas peur du peuple.   Alors bien sûr, Esther Benbassa casse les codes et dérange les petits échanges feutrés ordinaires. Elle n’a pas peur du peuple. Elle est là pour les gens, les pauvres, les précaires, les racisés et les autres. Elle les écoute, elle leur parle. Et eux au moins la comprennent. Et respectent l’écharpe tricolore dont certains voudraient la dépouiller.  L’erreur d’Esther Benbassa est en fait de croire que tous ces combats n’en font qu’un. C’est d’incarner, avec d’autres et autant qu’elle le peut, cette “convergence des luttes” à laquelle une partie de la gauche a renoncé et qui fait peur à beaucoup d’autres, de LREM au RN. On pourra toujours se moquer de son accent. Esther Benbassa est une grande voix. Parce qu’elle est d’abord l’une des voix des sans-voix.  Les signataires de ce texte n’adhèrent pas forcément à toutes ses prises de positions, y compris sur la marche du 10 novembre. Ils ont pu avoir hier des débats avec elle. Ils en auront demain. Mais tous savent une chose. Cette voix-là ne doit pas se taire. Elle ne se taira pas.   Premiers signataires:   Clémentine Autain, députée FI de Seine-Saint-Denis Guillaume Balas, coordinateur national Génération•s Julien Bayou, porte-parole d’EELV David Belliard, conseiller de Paris, EELV Olivier Besancenot, NPA Judith Butler, professeure à l’Université de Berkeley Damien Carême, député européen Aymeric Caron, journaliste et écrivain Luc Carvounas, député PS du Val-de-Marne Gabriel Cohn-Bendit, retraité de l’Education Nationale Éric Coquerel, député FI de Seine-Saint-Denis David Cormand, eurodeputé, secrétaire national d’EELV Sergio Coronado, ancien député EELV Rokhaya Diallo, journaliste, réalisatrice Cécile Duflot, ancienne ministre Didier Eribon, philosophe Annie Ernaux, écrivaine Elsa Faucillon, députée communiste des Hauts-de-Seine Geneviève Garrigos, défenseure des droits humains Cédric Herrou, Emmaüs Roya Mémona Hintermann-Afféjée Geoffroy de Lagasnerie, sociologue et philosophe Sandra Laugier, professeure de philosophie à l’université Panthéon Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice Gauche Républicaine & Socialiste Édouard Louis, écrivain Noel Mamère, ancien député Caroline Mecary, avocate au barreau de Paris Frédéric Mestdjian et le Ralliement d’Initiative Citoyenne Edgar Morin, sociologue, philosophe Thomas Porcher, économiste Sandra Regol, porte-parole d’EELV Aron Rodrigue, professeur d’histoire, Stanford University Malik Salemkour, président de la LDH Danielle Simonnet, conseillère de Paris, FI Sophie Taillé-Polian, sénatrice Génération•s du Val-de-Marne  Mateo Alaluf, sociologue, professeur honoraire, Université Libre de Bruxelles Arié Alimi, avocat au barreau de Paris Pouria Amirshahi, président et directeur de Politis Henri Arevalo, Bureau exécutif EELV Mehdy Belabbas, Adjoint au Maire EELV d’Ivry Annie Benveniste, anthropologue, Université Paris 8 Francine Bolle, docteure en histoire, maîtresse de conférences, Université libre de Bruxelles Daniel Borrillo, maître de conférences, Université Paris 10 Etienne Bourel, anthropologue Thierry Brochot, Trésorier, EELV Marco Candore, auteur, réalisateur Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités Pascal Cherki, ancien député Myriam Chopin, maîtresse de conférences en histoire médiévale Jérémy Clément, Gilet jaune (de Montargis, Loiret) Pierre-Yves Collombat, sénateur du Var Antoine Comte, avocat Alain Coulombel, secrétaire national adjoint, EELV Laurence de Cock, enseignante Christelle de Cremiers, vice-présidente du conseil regional Centre-Val de Loire, EELV Priscilla De Roo, économiste Catherine Deschamps, professeure d’anthropologie à l’ENS d’architecture de Nancy Josy Dubié, sénateur honoraire (Belgique) Sophie Ernst, agrégée de philosophie Éric Fassin, professeur de sociologie, Université Paris 8 Bastien François, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Alexandra Galitzine-Loumpet, anthropologue Guillaume Gontard, sénateur Gauche-écolo de l’Isère José Gotovitch, professeur honoraire, Université Libre de Bruxelles Bernard Hours, anthropologue Heinz Hurwitz, professeur émérite, Université Libre de Bruxelles Alain Joxe, directeur d’Etudes (H) à l’EHESS Cecilia Joxe, militante écologiste Gaëtane Lamarche-Vadel, Revue Multitudes Mathilde Larrère, historienne Stéphane Lavignotte, théologien protestant Hinda Lewi-Férault, psychiatre, psychanalyste Valérie Marange, psychanalyste Danièle Obono, députée FI de Pars Anne Querrien, co-directrice de la rédaction de la revue Multitudes Caroline Roose, eurodeputée Monique Selim, anthropologue Pierre Serne, conseiller régional d’Île-de-France Denis Sieffert, journaliste à Politis Philippe Stanisière, Bureau exécutif EELV Michel Staszewski, professeur d’histoire retraité, membre de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB), Bruxelles Marie Toussaint, eurodeputée EELV Dan Van Raemdonck, professeur, Université Libre de Bruxelles  Françoise Vergès, politologue, militante féministe antiraciste, auteure Dominique Vidal, journaliste et historien Jean Vogel, professeur de sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles, Président de l’Institut Marcel Liebman Salima Yembou, eurodeputée Karoline Zaidline, artiste lyrique, Gilet jaune   À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI Esther Benbassa reçoit le "plein soutien" d'EELV après la polémique sur l'étoile jaune On a fait converser deux sénatrices sur l'Islam et la laïcité avant le vote sur les sorties scolaires
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Gilets jaunes: les propos de Didier Lallement, "pas dans le même camp", indignent (Mon, 18 Nov 2019)
Le préfet de police de Paris Didier Lallement lors des commémorations du 11 novembre.  GILETS JAUNES - La scène tourne en boucle sur les réseaux sociaux, particulièrement sur les pages de gilets jaunes. Ce dimanche 17 novembre, BFMTV a diffusé la sortie du préfet de police de Paris, Didier Lallement, venu constater place d’Italie les dégâts commis la veille par des casseurs, à l’occasion du rassemblement pour le premier anniversaire du mouvement.  Alors que sa gestion de cette manifestation est contestée par plusieurs responsables politiques, le préfet de Paris a été interpellé sur place par une riveraine, qui lui explique être “gilet jaune”. Réponse de Didier Lallement: “eh bien, nous ne sommes pas dans le même camp, madame”.  Les déambulations du préfet Lallement. Ce fonctionnaire, répondant à une citoyenne, lui répond « nous ne sommes pas dans le même camp, madame. » Voilà qui illustre la dérive autoritaire: un préfet n’a pas de « camp » dans l’exercice de sa fonction. pic.twitter.com/cDkOLpUvRe — Alexis Poulin (@Poulin2012) November 17, 2019 Isolé par les internautes, ce passage devenu viral a suscité de nombreux commentaires dans la classe politique, France insoumise en tête. “Les propos du préfet Lallement sont intolérables mais révélateurs. Il n’est pas un préfet au service de l’intérêt général, mais un militant pour qui cette citoyenne n’est pas dans le ‘même camp’ que lui. Si l’on ajoute son incompétence hier [samedi, NDLR], il est clair qu’il doit être remplacé”, a tonné dans un tweet le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière dans la soirée de dimanche.    Même son de cloche ce lundi 18 novembre pour l’élu insoumis Eric Coquerel. Sur franceinfo, le député LFI a appelé à la démission du haut fonctionnaire.  Le préfet Lallement doit-il démissionner ? "Après ce weekend, oui", répond le député LFI Eric Coquerel pic.twitter.com/lk1NfEPHxu — franceinfo (@franceinfo) November 18, 2019 “Monsieur Lallement ne se considère donc pas comme préfet de la République mais comme préfet d’un ‘camp’?  Pas acceptable”, a renchéri le président des Patriotes, Florian Philippot.  Toujours sur Twitter, plusieurs observateurs ont estimé que le préfet de police venait par ses propos de transgresser le code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale. En cause, l’article R. 434-29 relatif au “devoir de réserve” des fonctionnaires de police. “Le policier est tenu à l’obligation de neutralité. Il s’abstient, dans l’exercice de ses fonctions, de toute expression ou manifestation de ses convictions religieuses, politiques ou philosophiques”, indique le code. Même chose concernant les professionnels de la fonction publique, le préfet de police étant un haut fonctionnaire. Or, Didier Lallement était bien en service -et en uniforme- au moment où il a fait savoir à une gilet jaune qu’il n’était “pas dans le même camp” qu’elle.  À voir également sur Le HuffPost:  LIRE AUSSI À quatre mois des municipales, les maires courtisés de toutes parts Pourquoi le mouvement des gilets jaunes a-t-il démarré à ce moment-là, il y a 1 an?
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À Hong Kong, la police menace de tirer à balles réelles après un week-end de tensions (Mon, 18 Nov 2019)
HONG KONG - De nouveaux affrontements ont éclaté ce week-end à Hong Kong. Des manifestants pro-démocratie se sont barricadés près de l’Université polytechnique sur le campus situé sur la péninsule de Kowloon. Des feux ont été allumés pour empêcher les forces de l’ordre de venir les déloger, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus. Ces incendies ont donné lieu à un feu d’une plus grande ampleur ce lundi 18 novembre au petit matin. La police a qualifié le campus de “zone d’émeute” et bloqué les accès. Louis Lau, porte-parole des forces de l’ordre, a fait une sévère mise en garde sur Facebook. “Je demande ici aux émeutiers de ne pas utiliser de cocktails Molotov, de flèches, de voitures ou d’armes létales pour attaquer les policiers. S’ils poursuivaient des actions aussi dangereuses, nous n’aurions pas d’autre choix que d’utiliser la force minimale nécessaire, y compris les balles réelles, pour riposter”, a-t-il écrit. À voir également sur Le HuffPost: Lire aussi: Joker, parapluies... les gilets jaunes s'inspirent des révoltes mondiales Javelots et flèches enflammées sont les nouvelles armes des manifestants à Hong Kong
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À mi-mandat, l'écart se creuse entre Macron candidat et Macron Président (Mon, 18 Nov 2019)
Après une première moitié de quinquennat écoulée, la différence entre le candidat et le Président Macron se fait de plus en plus marquante. Le début de mandat était encore imprégné de l’image jeune et “dégagiste” d’Emmanuel Macron, il reposait sur la mise en place d’un programme résolument réformateur assis sur une base électorale cohérente. Las, les crises de la fin de l’année 2018, affaire Benalla puis Gilets Jaunes, ont mené l’exécutif au bord du précipice et ont conduit à une réorientation de la ligne présidentielle. En témoignent les priorités désormais portées au plus haut de l’État: défense de l’ordre républicain, lutte contre le communautarisme, fermeté sur l’immigration. Pouvait-il en être autrement? Répondre à cette question n’est pas chose aisée. Réformer en profondeur le pays est une tâche colossale à laquelle tous les Présidents s’épuisent, et la fonction favorise naturellement un recentrage autour de l’autorité de l’État. Les événements, imprévisibles, ont aussi eu leur poids: violence du mouvement des Gilets Jaunes, récent attentat islamiste, etc. Mais le déplacement du centre de gravité du macronisme vers la droite pourrait à terme poser des problèmes. Idéalement, pour Macron, et cela semble être son intention, le réinvestissement du champ régalien ne devrait pas se faire au détriment de son ambition réformatrice sur le plan économique et social. Mais l’espace laissé à gauche peut faire craindre une coalition des oppositions et le durcissement du mouvement social. Il n’est pas étonnant sur le dossier des retraites que les syndicats soient en ordre de bataille et que le gouvernement fasse œuvre de mille précautions.   Le pays n’est plus le même que lors de la réforme de la SNCF.   Si Emmanuel Macron veut relancer son quinquennat et préparer au mieux la campagne de 2022, déjà dans toutes les têtes, il doit élargir sa base. Plusieurs solutions s’offrent à lui. Reprendre le flambeau réformateur qui a fait son élection serait sans doute la meilleure solution, mais le risque d’explosion sociale reste bien réel. Le pays n’est plus le même que lors de la réforme de la SNCF. Une autre possibilité serait de se saisir d’un des totems de la gauche, comme l’écologie, pour rallier les électeurs qui se sont éloignés de la majorité présidentielle ces derniers mois. Le risque serait ici de défendre des combats et des valeurs qui mobilisent des segments différents de l’opinion, et de finir par ne satisfaire personne. Pour le moment, il semble que le Président ait décidé de courir plusieurs lièvres à la fois. L’interview donnée à l’hebdomadaire The Economist confirme l’abandon par Emmanuel Macron de l’objectif de retour à l’équilibre des finances publiques, au moins à court terme. Reste à savoir s’il s’agit d’une mesure purement opportuniste, afin d’éviter une reprise de la crise sociale, ou d’un changement de doctrine économique plus ou moins théorisé. Cela signale en tous les cas que le sérieux budgétaire français, préalable à un soutien allemand aux projets européens d’Emmanuel Macron, n’est plus considéré comme une priorité de sa politique européenne. Cette volte-face illustre encore un peu plus l’affaiblissement de la Chancelière Angela Merkel. Sur le plan domestique, ces hésitations et contradictions créent des difficultés, comme le montrent les différents dossiers d’actualité. S’agissant des retraites, la confrontation qui s’annonce et les premiers signes d’un recul de l’exécutif peuvent faire craindre l’adoption d’une réforme a minima qui ne contenterait personne. Sur le voile, Emmanuel Macron s’est fait piéger. Cette polémique minée rappelle un peu l’affaire Leonarda: si la place de la religion et le communautarisme sont des sujets importants dont le Président de la République doit se saisir, il ne devrait pas avoir à s’exprimer sur un fait divers. Ce qui s’est passé était attendu: personne n’est vraiment satisfait de l’attitude de l’exécutif, trop timorée pour certains et déjà trop “islamophobe” pour d’autres.    Sur le voile, Emmanuel Macron s’est fait piéger.   La situation est difficile, mais elle est loin d’être désespérée. La situation économique s’améliore (très) lentement et Emmanuel Macron dispose toujours d’une base solide dans l’opinion. Il a témoigné de sa capacité à concilier la prudence et l’audace dans la gestion de crise. Surtout, les institutions et l’état du champ politique sont aujourd’hui les meilleurs alliés du Président. Ces institutions, qui pèsent si lourd sur les épaules de celui qui les incarne, sont aussi celles qui permettent de gagner une élection présidentielle en étant rejeté par les deux tiers du pays. Avec 30% de fidèles, Emmanuel Macron sait qu’il s’assure une présence au second tour, auquel il retrouvera celle qui fait toujours figure d’épouvantail. L’opposition républicaine est en lambeaux, et l’on voit mal aujourd’hui qui pourrait éviter une réédition du duel de 2017.  Mais parier sur la faiblesse des autres n’en demeure pas moins une stratégie risquée. Une “hollandisation” de Macron, qui succéderait à des événements imprévus et incontrôlés, peut toujours advenir. Emmanuel Macron gagnerait à clarifier son positionnement, revenir au “en même temps” originel ou assumer d’incarner un nouveau centre droit sur les ruines de la droite classique. On dit qu’on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment, mais, en politique, l’ambiguïté peut aussi être meurtrière.   À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI Face à la crise à l'hôpital, Macron promet des "décisions fortes" sous une semaine BLOG - Après la stratégie Valeurs Actuelles, où en est vraiment Macron sur l'immigration?
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À quatre mois des municipales, les maires courtisés de toutes parts (Mon, 18 Nov 2019)
À quatre mois des municipales, Emmanuel Macron et la majorité veulent choyer les maires à l'occasion de leur congrès annuel. POLITIQUE - Un temps négligés par le “Nouveau monde” de la majorité présidentielle, les édiles font l’objet de toutes les attentions et de tous les égards à quatre mois des élections municipales de mars. Alors que s’ouvre cette semaine le Congrès annuel des maires, le président Emmanuel Macron veut définitivement enterrer la hache de guerre avec les élus locaux, avec lesquels il s’est beaucoup entretenu lors de la crise des gilets jaunes. Il y a un an, Emmanuel Macron avait séché le congrès dans un climat de tension permanente entre l’exécutif et les maires depuis le début du quinquennat. Cette année, le chef de l’État se rendra sur place tout comme il recevra 1500 d’entre eux le lendemain à l’Élysée. Gage du respect dû à l’institution, c’est l’Association des Maires de France (AMF) et non l’exécutif qui a géré les invitations. Des inquiétudes toujours vives “Nous avons tous le devoir de réussir ce congrès”, résume Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales. “Après ce que le pays a connu, personne ne comprendrait que ce ne soit pas un moment dans lequel on travaille efficacement et sereinement. Peut-être qu’on n’est pas d’accord sur certains sujets, mais ce n’est pas grave”. Car malgré le changement d’attitude du gouvernement à leur égard, tout n’est pas rose du côté des édiles, notamment ceux des petites et moyennes communes, confrontés souvent aux mêmes défis que les élus des grandes villes mais avec beaucoup moins de moyens pour y répondre. Baisse de dotations, réduction des emplois aidés, crainte sur la disparition annoncée de la taxe d’habitation, impuissance face à la crise sociale, agressions, hausse des incivilités... De nombreux maires se sentent désarmés face aux défis politiques contemporains et peu aidés par le gouvernement.   “Chaque jour dans nos communes, nous constatons la dégradation rapide du vivre ensemble au profit d’une tension sociale qu’alimente la recrudescence d’incivilités et d’actes délictueux”, ont encore alerté des élus et associations d’élus de petites et moyennes communes dans une tribune publiée ce dimanche dans Le JDD. “Engagement et proximité” C’est en partie pour répondre à ces inquiétudes que l’Assemblée nationale se penche à partir de ce lundi 18 novembre sur le projet de loi “Engagement et proximité” censé faciliter la vie des maires et clarifier leurs prérogatives face aux intercommunalités.  Le projet de loi s’adresse en particulier aux élus des petites communes, c’est à dire à l’écrasante majorité d’entre eux, 90% des 35.000 communes comptant moins de 3500 habitants. S’il règne un consensus relatif autour du texte, le Sénat et l’Assemblée s’opposent sur les compétences dévolues aux édiles. Dès l’examen en commission, les députés sont revenus sur nombre d’ajouts de la chambre haute. Ils ont aussi esquissé des compromis, par exemple en aménageant le transfert obligatoire des compétences “eau” et “assainissement” des communes à l’intercommunalité, transfert dont le Sénat ne voulait pas. Le gouvernement prévoit également des aménagements censés séduire les élus locaux concernant leurs indemnités ou les autorisant à remettre en circulation des licences IV permettant la vente d’alcool dans les débits de boissons, dans les communes rurales en soutien au commerce.   Pour autant, certaines tensions n’ont pas disparu et des désaccords majeurs demeurent en matière de répartition des compétences et de décentralisation. Un incident a opposé dès le début des auditions le rapporteur LREM du projet de loi et des représentants de l’AMF. Son vice-président socialiste André Laignel ne se fait pas beaucoup d’illusions: “Si le ton a changé, le fond reste le même”. À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI Avant les municipales, les maires retrouvent l'envie d'avoir envie L'État va prendre en charge l’accompagnement psychologique des maires agressés, une "première"
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Les footballeuses d'Espagne en grève pour des conditions de travail "dignes" (Sun, 17 Nov 2019)
Les footballeuses d'Espagne en grève pour des conditions de travail FOOTBALL - Les footballeuses d’Espagne commenceront une grève illimitée ce samedi 16 novembre pour dénoncer le gel des négociations sur leurs salaires et sur la création d’une convention collective, a annoncé le syndicat des footballeurs espagnols (AFE) vendredi. “Après avoir épuisé toutes les voies possibles, les joueuses se sont prononcées en faveur d’une grève illimitée tous les samedis et les dimanches de match, à partir du week-end prochain, le 16-17 novembre”, a indiqué le syndicat via communiqué. Salaire minimum de 16.000 euros par an “Les footballeuses demandent une convention qui encadrerait leurs conditions de travail, avec, entre autres, l’instauration de salaires minimums, des horaires de travail dignes, la possibilité de concilier vie professionnelle, vie de famille et maternité, des vacances régulées, etc.”, précise le communiqué. Les discussions, qui durent depuis plus d’un an entre l’AFE et l’Association des clubs de football féminin (ACFF), bloquent surtout sur le volet des salaires des joueuses. Les footballeuses exigent un salaire minimum de 16.000 euros par an, avec des contrats à temps partiel à trois-quarts temps minimum (ce qui reviendrait à une solde minimum de 12.000 euros par an).  Les clubs, eux, proposent des contrats à mi-temps, et n’offrent ainsi que des salaires à 8.000 euros par an. L’ACFF considère que les équipes les plus modestes n’ont pas les moyens de répondre aux demandes des joueuses. La grève des footballeuses commencera donc samedi et affectera les huit rencontres prévues dans le cadre de la 9e journée de championnat d’Espagne féminin de football. À voir également sur Le HuffPost:
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Gilets jaunes: après les violences place d'Italie, les autorités critiquées (Sun, 17 Nov 2019)
Place d'Italie, Paris, lors de l'acte 53 des gilets jaunes GILETS JAUNES - Des interrogations émergaient ce dimanche au lendemain des violences qui ont émaillé ce samedi 16 novembre la manifestation des gilets jaunes place d’Italie à Paris, pour l’acte 53, marquant le premier anniversaire du mouvement.  L’un des parcours autorisés de samedi prévoyait un départ de cortège depuis la place d’Italie à 14 heures. La demande en avait été faite par Priscillia Ludosky et Faouzi Lellouche, avant d’être approuvée par la préfecture. L’autorisation de se rassembler était effective dès 10 heures du matin.  Rdv le 16 et le 17 novembre un an de lutte Communiqué de presse de @PLudosky , @Faouzilellouch2 , @LibeskindDavidpic.twitter.com/3Oowbyy1LH — Faouzi Lellouche (@FaouziLellouche) November 14, 2019 Mais ce dimanche, plusieurs personnalités s’interrogent sur le choix du lieu, alors que la place d’Italie était en travaux, comme n’a pas manqué de le faire remarquer le maire du 13e arrondissement, Jérôme Coumet, sur BFMTV. “Je trouvais que le site avait été mal choisi. Trois chantiers très importants, dont un échafaudage devant la mairie dont vous comprenez bien qu’on ne peut pas le démonter le vendredi pour le samedi, c’est totalement impossible. Et d’ailleurs la mairie a elle-même été attaquée, heureusement sans conséquence. Les casseurs ont essayé de mettre le feu à cet échafaudage. J’avais essayé d’alerter la préfecture de police”, a-t-il déclaré, ajoutant: “Je pense qu’on aurait pu mieux choisir le site de rassemblement. J’imagine que la préfecture de police fera mieux la prochaine fois”. Même son de cloche chez l’adjoint à la maire de Paris, Ian Brossat, mais aussi Jean-Luc Mélenchon. Au micro de France3, le leader de La France insoumise a pointé du doigt le préfet Didier Lallement. ”À Paris, le préfet Lallement (...) a demandé que la manifestation démarre place d’Italie, mais place d’Italie, il y a des chantiers. Il n’y a pas besoin d’être très intelligent pour comprendre que ce n’était pas le bon endroit. Le préfet de police a été nul. Il a lui-même créé les conditions des débordements”, a jugé le député.  Contactée par Le HuffPost, Colombe Brossel, adjointe à la Maire de Paris chargée notamment de la sécurité, déplore que les alertes des élus locaux n’aient pas été entendues. “Il y a des raisons d’être en colère, cela fait plusieurs fois que courriers, des alertes, ont été envoyés sur le choix d’un lieu avec de nombreux chantiers dans le cadre d’une manifestation dont on sait qu’elle est ‘à risque”, explique-t-elle avant d’évoquer un problème plus global dans Paris. “Il a fallu attendre 20 heures avant que l’on retrouve une situation normale dans l’ensemble de Paris. Les débordements ne sont pas limités à la place d’Italie. Des petits groupes clairsemés ont continué leurs dégradations dans de nombreux arrondissements. Une voiture de police a été retournée devant la préfecture. Comment est-ce possible dans une journée où tout le monde était en alerte ?”, demande-t-elle. Sentiment de colère et de gâchis ce soir. Pourquoi la Préfecture a-t-elle fait démarrer la manif de la Place d'Italie malgré les alertes de la mairie ? Tout cela a une conséquence : on parle des violences et pas de la colère sociale. pic.twitter.com/0idmSIi3Vg — Ian Brossat (@IanBrossat) November 16, 2019 Sur BFMTV, la préfecture indique qu’elle voulait surtout éviter les Champs-Élysées, lesquels avaient été cadenassés dès le petit matin. L’est parisien avait donc été privilégié. Présent sur Europe 1 ce dimanche matin, Christophe Castaner a refusé d’éluder la responsabilité des casseurs et a ajouté: “Je ne veux pas dire ça pour me défausser mais ce n’est pas à l’État et au ministère de l’Intérieur de gérer le mobilier urbain des communes. Je ne veux surtout pas jeter la pierre sur la mairie de Paris. Quand vous avez un parcours assez grand, vous n’avez pas la possibilité de supprimer tout le mobilier urbain sur le trajet dans tout Paris.” Une annulation au dernier moment Outre le choix du lieu, les manifestants ont dénoncé l’annulation de l’autorisation au dernier moment. Dès 10 heures, des casseurs ont commencé à affluer place d’Italie. À plusieurs reprises, des feux ont été allumés, du matériel de chantier saisi et du mobilier urbain abîmé, entraînant une intervention des forces de l’ordre à grand renfort de lacrymogènes. Aux alentours de midi la situation a véritablement dégénéré avec des attaques sur des commerces, des vitres, ou le centre Italie 2 qui a fermé ses portes.  À 14 heures, alors que de nombreux manifestants souhaitant participer à la manifestation étaient désormais sur place, la préfecture de police a annoncé l’annulation de l’autorisation promettant de mettre un terme aux agissements des casseurs. ”Ces individus seront progressivement interpellés. J’invite ceux qui se trouvent place d’Italie et qui sont de bonne foi à en sortir le plus vite possible”, a déclaré notamment Didier Lallement en conférence de presse, désignant l’avenue d’Italie comme corridor de sortie. "Notre réponse sera très ferme vis à vis de ces casses et de ces destructions. Tout l'après-midi nous allons nous employer à interpeller ces casseurs. Ils ne partiront pas en toute impunité." Didier Lallement — Préfecture de Police (@prefpolice) November 16, 2019 De nombreuses personnes présentes relatent cependant avoir eu des difficultés à sortir. L’historienne Mathilde Larrère raconte avoir été obligée de se réfugier dans une boulangerie pendant deux heures alors qu’à l’extérieur charges, lacrymos et effusions de violence s’enchaînaient. Le contrôle de la place a finalement été repris par les forces de l’ordre peu avant 16 heures. récit… avec un groupe d'ami-es on s'était donné rendez vous à 13h 30 pour faire la manifestation, déclarée, qui partait de place d’Italie. donc j’y vais pour 13 h 30 — Mathilde Larrere (@LarrereMathilde) November 16, 2019 en revanche ils laissent entrer de nouveaux manifestants. on dit « mais si vous laissez entrer, laissez nous sortir. » réponse : Non. — Mathilde Larrere (@LarrereMathilde) November 16, 2019 Mêmes critiques du côté de Priscilia Ludosky ou de l’historienne Ludivine Bantigny. Sur BFMTV, l’ancien candidat à la présidentielle Olivier Besancenot a même dénoncé un “guet-apens”.  Les FDO nous ont laissé-es entrer sur la place d'Italie entre 13H30 et 14H pour aussitôt nous nasser, comme dans une embuscade. Plus possible de sortir: une nasse verrouillée à triple tour. Situation dangereuse. On a vu des blessures graves, des personnes touchées au visage. — Ludivine Bantigny (@Ludivine_Bantig) November 16, 2019 Infos : Nasse à place d'Italie,impossible de partir, Manifestation déclarée annulée à la dernière minute — Priscillia.L (@PLudosky) November 16, 2019 À voir également sur Le HuffPost: LIRE AUSSI Les gilets jaunes soufflent leur première bougie dans un nuage de gaz lacrymogènes La dégradation du monument du Maréchal Juin lors de l'acte 53 indigne
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Les gilets jaunes envahissent en chansons les Galeries Lafayette à Paris (Sun, 17 Nov 2019)
Ils ont eu le temps d'entonner plusieurs de leurs plus grands succès avant d'évacuer sous le regard de la police.
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Les gilets jaunes envahissent les Galeries Lafayette en chansons à Paris (Sun, 17 Nov 2019)
GILETS JAUNES - L’acoustique du bâtiment était parfaite. Dimanche 17 novembre, un groupe de plusieurs dizaines de gilets jaunes a décidé d’aller donner de la voix aux Galeries Lafayette, l’un des grands magasins du quartier de l’Opéra, à Paris. Une opération réussie pendant plusieurs dizaines de minutes, comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête de cet article.  Rentrés discrètement, et pour beaucoup sans leur gilet distinctif, les manifestants n’ont pas perdu de temps pour monter dans les différents étages qui s’ouvrent sur le magasin. Aux sons des “joyeux anniversaire” ou des “on est là”, les gilets jaunes ont entièrement bloqué l’activité du magasin, les clients s’arrêtant devant le happening.  Au bout d’une trentaine de minutes environ, les gilets jaunes ont évacué dans le calme, même si de rapides échauffourées ont éclaté avec la police à la sortie du magasin. L’opération fait partie d’un ensemble d’action menées exceptionnellement le dimanche, pour marquer l’anniversaire du mouvement, et montrer que contrairement aux analyses, il n’aurait en rien perdu de sa vigueur. À voir également sur Le HuffPost:     Lire aussi: BLOG - Les gilets jaunes, un an d'une justice expéditive et instrumentalisée Nekfeu avec les gilets jaunes pour le premier anniversaire du mouvement
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